PPC 2016

C’est vers la fin août. Des chants, des bannières, des Ave, et voici le PPC sur les routes de la campagne de ce Cotentin qui connaît déjà la fin des lueurs agréables de l’été.

Nous voici en pèlerinage, du Mesnil-Herman où saint Louis-Marie Grignon de Montfort commença sa mission normande dans la seconde moitié du XVIIème siècle, vers cette église superbe de Saint-Pierre de Coutances. L’étape du samedi soir est à la chapelle de la Mare, symbole de l’amour spécial d’un peuple à sa Mère du Ciel. Le thème de cette année est tiré de la première lettre du disciple bien aimé du Seigneur: Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais lui qui nous a aimés en premier. (1Jn 4, 10)

Le ton est donné, nous méditerons cette année l’Amour de Dieu pour nous, l’Amour qui comme tout amour véritable est fécond, et la fécondité de l’Amour divin se réalise dans la création du monde et dans sa recréation par la Croix après la chute, le péché originel. Le Saint-Père a demandé à l’Église de méditer sur la miséricorde de Dieu, et dans ce cadre notre pèlerinage nous aidera à répondre à ce souhait. Pourquoi Dieu se donne-t-Il autant de mal à vouloir notre salut ? Pourquoi Seigneur voulez-vous notre bonheur ?!… Ce bonheur en vaut certainement la peine !

Dans le flot de la fin des grandes vacances, où déjà la rentrée se dessine, et la marée d’obligations qu’elle comporte nous regarde en face, prête à nous submerger, il est bon de prendre un temps consacré à Dieu, pour reprendre le souffle nécessaire à notre âme afin de réaliser la volonté de Dieu, car la route est longue et le chemin ardu !

Avant d’affronter cette marée de face, avant de revivre une année scolaire et liturgique de plus, avant de vivre une année de plus dans notre pèlerinage terrestre, il est bon de s’arrêter et de croiser dans la paix d’un pèlerinage, le regard de l’Amour divin, d’écouter le Cœur de Jésus battre en nous, et de se laisser embraser par le feu de l’Esprit-Saint.

Les anciens le savent, le PPC est un lieu estival de paix et de tradition, un petit défi que nous lançons au monde oisif dont nous faisons trop souvent partie, et c’est là le problème. Il nous faut continuellement nous remettre à la disposition du Seigneur, réalisant sa volonté, accueillant sa grâce, et en nous formant intellectuellement, nous attacher à Lui. Dans le tourbillon où le prince de ce monde agite les âmes, nous, catholiques, nous nous mettons à contempler la Vérité et l’Amour, afin de Lui dire Fiat, et de ne jamais désespérer malgré l’horreur et la panique que notre époque peut inspirer à toute âme.

Cette contemplation se fera sous le patronage de celle dont ses consœurs ont dit au procès de béatification : « Mais elle n’a rien fait ! » Non, elle n’a « rien fait ». Elle est restée dans le silence du cloître, de la chapelle et de l’infirmerie à contempler, à dire oui, et à s’offrir pour les pécheurs et les prêtres en particuliers. Il n’est pas étonnant que le Bon Dieu ait suscité une telle sainte au XXème siècle où l’homme prenait possession de la création de manière inégalée dans l’histoire et à une vitesse folle : technique, science, totalitarismes, capitalisme donc production sans limite ! Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus avec sa petite voie et son style enfantin vient chambouler cette tour de Babel ! Abandon, confiance, dit-elle à l’homme moderne, que nous sommes tous, qui veut tout prévoir, tout calculer, ne dépendre de rien ni de personne. Elle montre ce que tous les saints ont vécu : ils sont tous les « obligés » de Dieu, à nous de prendre le relai alors !

Notre-Dame de la Mare, nous voici, pauvres pèlerins, seuls aux yeux du monde qui nous hait, mais prêts à faire la volonté de Dieu ; mettez nous dans les bonnes dispositions qui vous ont fait dire à l’ambassadeur de la Trinité Sainte: « Qu’il me soit fait selon votre parole ».

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