Pèlerinage 2012

Le sang des martyrs est semence de chrétiens

PPC2012_afficheHic ceciderunt. Ici, ils sont tombés.

Ces mots gravés dans la pierre du séminaire des Carmes à Paris, sur le perron qui vit l’effrayante exécution de tant et tant de prêtres, conduisent nos générations à se souvenir du massacre du dimanche 2 septembre 1792. Parmi eux, de nombreux prêtres du diocèse de Coutances, et tout spécialement le vicaire général et recteur du séminaire, le bienheureux François Lefranc. Pourquoi évoquer ces souvenirs, pourquoi rappeler à notre mémoire ces martyrs de la Révolution ? Afin de magnifier la fidélité de ces hommes, et de ranimer s’il en était besoin la flamme de notre foi. Le martyre est-il un idéal ? Disons qu’il est le signe offert à notre monde du plus grand amour et de la plus belle foi.
Le pape Benoît XVI, dans un discours aux cardinaux du 21 mai 2012, le rappelle à sa manière : « Saint Augustin a dit que toute l’histoire est une lutte entre deux amours : amour de soi jusqu’au mépris de Dieu ; amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, dans le martyre. Nous sommes dans ce combat. » C’est-à-dire, au milieu de cette lutte, où nous sommes appelés à préférer Dieu à toute chose. Aimer Dieu et le servir de toute notre force, de toute notre âme, de tout notre cœur, quoiqu’il nous en coûte. Dans cette perspective, le martyre est une éventualité que ne doit pas effrayer le chrétien. « Comme ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront, vous aussi », dit Jésus dans l’Evangile. Les apôtres, les plus proches amis du Christ, ont vécu cela, mais ils l’ont vécu comme un témoignage d’amour, et quel témoignage ! On se souvient du mot de Pascal : « Je crois volontiers des histoires dont les témoins se laissent égorger. » Car le martyr est avant tout un témoin. Notre temps a besoin de semblables témoins, à l’heure spécialement où la foi semble, en bien des lieux, vaciller. Voilà pourquoi tant de chrétiens, aujourd’hui encore, sont persécutés à cause du Christ.
« Chers amis, vous savez bien que l’annonce de l’Evangile comporte souvent des difficultés et des souffrances; la croissance du Royaume de Dieu dans le monde, en effet, advient souvent au prix du sang de ses serviteurs. Dans cette phase de mutations économiques, culturelles et politiques, où l’être humain se sent souvent seul, en proie à l’angoisse et au désespoir, les messagers de l’Evangile, même s’ils annoncent l’espérance et la paix, continuent d’être persécutés comme leur Seigneur et Maître. Mais, en dépit des problèmes et de la tragique réalité de la persécution, l’Eglise ne se décourage pas, demeure fidèle au mandat de son Seigneur, dans la conscience que comme toujours dans l’histoire chrétienne, les martyrs, c’est-à-dire les témoins, sont nombreux et ils sont indispensables à la marche de l’Evangile » dira le encore le Souverain Pontife le 11 mai dernier.
Oui, aujourd’hui comme hier, notre temps a besoin de témoins de la Vérité du Christ, de la folie de son amour. Des témoins qui n’hésitent pas à aller jusqu’au bout de la vérité et de l’amour, en versant leur sang s’il le faut. Ces vies alors n’auront pas été vaines, et le sang qui jaillira viendra féconder pour longtemps nos pays de vieilles chrétientés, et leur obtenir de Dieu le souffle d’une nouvelle évangélisation, d’une fidélité renouvelée à Jésus-Christ. La grande loi si bien exprimée au début de l’ère chrétienne par Tertullien est toujours véridique : « Le sang des martyrs est semence de chrétiens ! »

Abbé Renard, Fraternité Sacerdotale Saint Pierre

 

 

 

 

 

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